Vendredi 25 septembre 2026 · Le journal du JJBENFRPT

UFC BJJ 11 : résultats complets, analyse et bilan

Un champion privé de ses leg locks, qui annonce déjà son virage vers le MMA. Un titre conservé sur un match nul que personne n’attendait. Une Française qui relance sa saison. L’UFC BJJ 11 a livré une soirée dense le 24 septembre au Meta APEX de Las Vegas. Résultats complets, analyse combat par combat et bilan de la onzième soirée du Bowl.

Quinze minutes. C’est le temps qu’il a fallu à Mikey Musumeci pour venir à bout de Bryce Mitchell, sans jamais obtenir l’abandon. Une première pour le champion bantamweight, resté sur quatre victoires par soumission dans le Bowl. Le combattant UFC a tenu la distance, aidé par un pacte inédit : pas de soumission de jambe pour « Darth Rigatoni ». En co-main event, le titre light heavyweight a produit le verdict le plus surprenant de la soirée. Mason Fowler conserve sa ceinture face à Nick Rodriguez sur un match nul partagé. La carte accueillait aussi le retour d’Aurelie Le Vern et les débuts de deux recrues issues des UFC BJJ Open. Huit matchs, trois soumissions : voici tout ce qu’il faut retenir.

UFC BJJ 11 · Tous les résultats 24 septembre 2026 · Meta APEX, Las Vegas
Main event
Featherweight
Mikey Musumeci bat Bryce Mitchell
Décision unanime
Co-main event
Titre 205 lb
Mason Fowler et Nick Rodriguez
Match nul partagé · Fowler conserve le titre
Featherweight FAurelie Le Vern bat Rana Willink
Décision unanime
MiddleweightJay Rodriguez bat Kevin Beuhring
Soumission (D’Arce inversé) · round 2, 2:54
Light heavyweightPedro Machado bat Lucas Norat
Décision unanime
FeatherweightJordan Holy bat Ryan Elgarico
Décision unanime
BantamweightMason Stritzel bat Seve Zazueta
Soumission (heel hook) · round 2, 4:06
WelterweightDaniel Deeder bat Kolby Gonzalez
Soumission (kimura) · round 3, 2:20
Récompenses de la soirée
Match de la soirée : Mason Fowler vs Nick Rodriguez · Soumissions de la soirée : Jay Rodriguez et Daniel Deeder

Sources : résultats officiels UFC.com et récompenses annoncées par UFC BJJ, 25 septembre 2026.

Changement de taille pour la série : l’UFC BJJ 11 n’était plus diffusé gratuitement sur YouTube. La soirée était réservée aux abonnés UFC Fight Pass, qui propose désormais une formule dédiée au jiu-jitsu. C’est aussi sur cette plateforme que le replay reste disponible.

Mikey Musumeci face à Bryce Mitchell dans le main event de l'UFC BJJ 11

Qui a gagné le main event de l’UFC BJJ 11 ?

Mikey Musumeci a battu Bryce Mitchell par décision unanime après trois rounds. Le champion bantamweight montait à 145 livres pour l’occasion, sans mettre sa ceinture en jeu. En face, un combattant UFC en activité, plus lourd, plus puissant, et surtout protégé par un accord passé avant le match. Musumeci s’était engagé à ne pas chercher de soumission de jambe. Résultat : un match tactique, parfois déroutant, et une première décision des juges pour le patron des 135 livres. Un match que Musumeci a pourtant qualifié en conférence de presse de « probablement mon match préféré à l’UFC BJJ ».

Le pacte des leg locks, et un public qui siffle

Le premier round a tout de suite posé le malentendu. Musumeci a attrapé une jambe dès les premières secondes. Le public du Meta APEX, persuadé qu’il trahissait sa promesse, l’a copieusement sifflé. En réalité, le champion utilisait les leg locks (clés de jambe) uniquement pour renverser et améliorer sa position, jamais pour finir. Mitchell, lui, semblait hésiter à s’engager pleinement à chaque fois que le pied de Musumeci était dans ses mains. Le combat s’est ensuite installé dans la garde de l’Italo-Américain, avec Mitchell au-dessus, à la pression.

C’est depuis cette position que Musumeci a frappé le premier grand coup. Après un nouveau renversement, il a verrouillé un étranglement bras-tête, un anaconda selon Musumeci lui-même, qui a fait suffoquer Mitchell. Le combattant UFC a tenu bon et s’est extrait, alors qu’il a avoué en coulisses avoir cru partir. Musumeci a immédiatement enchaîné sur une guillotine puissante, défendue elle aussi. Au signal des dix dernières secondes, le champion a utilisé la pente du Bowl pour placer un arm-drag et un takedown juste avant la cloche.

Un deuxième round de patience

Mitchell a ouvert le deuxième round en ignorant le check de Musumeci, puis en le traquant autour du Bowl. Le combat est retourné au sol avec le combattant UFC à la pression. Une nouvelle clé de jambe utilisée comme levier a permis à Musumeci de reprendre l’initiative et de repartir à l’attaque. Mitchell est resté calme, a bien défendu, puis s’est réinstallé dans la garde du champion. Musumeci a poussé pour une finition en fin de round. Il n’a jamais réussi à isoler un bras.

Triangle volé, power slam et prise de dos

Le troisième round a été le plus rugueux. Mitchell a attaqué d’entrée en frottant sa tête dans le visage de Musumeci, jusqu’à l’intervention de l’arbitre Vitor Ribeiro. À la reprise, le champion a tenté un triangle volé. Mitchell l’a puni d’un slam violent sur le tapis. Musumeci a ensuite repris le contrôle du match. Suivant à la lettre les consignes de son coéquipier William Tackett, il a trouvé le dos de son adversaire.

Body triangle verrouillé, il a cherché l’étranglement arrière pendant de longues secondes. Mitchell a défendu ses mains avec application. Musumeci a basculé sur un armbar, mais le combattant UFC est resté compact et n’a jamais laissé le bras s’étendre. Sean Strickland, dans le coin de Mitchell, chambrait pendant ce temps Musumeci et le public. Dernier échange, Mitchell a chargé pour ramener le champion au sol dans les ultimes secondes. Après quinze minutes de va-et-vient, les juges ont donné la victoire à Musumeci.

Au micro : deux takedowns, un genou qui craque et l’appel du MMA

La conférence de presse a été aussi instructive que le match. Musumeci a expliqué avoir voulu, pour une fois, s’amuser plutôt que « finir l’adversaire le plus vite possible comme un robot ». Il a surtout savouré ses deux takedowns, les premiers qu’il réussit en compétition depuis ses 14 ans, soit seize ans sans un seul mouvement de lutte en match. Un déclic mental pour celui qu’on surnomme le « butt scooter » : « j’ai frappé le takedown et je me suis dit, attends, je peux faire ça ». Il a aussi reconnu une erreur, la guillotine sautée du troisième round qui lui a valu le slam : « je ne savais pas qu’on pouvait se faire slammer là-dessus ».

Mikey Musumeci en conférence de presse après sa victoire sur Bryce Mitchell

Sur les sifflets du premier round, il a confirmé n’avoir jamais attaqué la jambe pour finir : la saisie servait à renverser, « exactement comme un single leg ou un double leg ». Le public a tout de même créé chez lui une boucle mentale, au point de lâcher la jambe à chaque prise. Mitchell, agacé sur le moment, a reconnu ensuite qu’il n’y avait aucune tricherie. Musumeci a aussi insisté sur la force physique de son adversaire, incapable d’ouvrir ses bras sur les armbars, et révélé que son genou avait craqué trois fois quand il a tenté de soulever Mitchell depuis un omoplata. Une entorse légère selon lui, rien de grave.

Après l’UFC BJJ 11, direction le MMA et une ceinture vacante

L’information majeure concerne la suite. Musumeci s’entraîne chaque jour en MMA chez Syndicate, sous la direction de John Wood, et promet un premier combat dans la cage avant la fin de l’année, « probablement en novembre ou décembre », en poids mouches (125 livres), une catégorie où il a été deux fois champion du monde IBJJF à la ceinture noire. Il compte rencontrer Hunter Campbell et Claudia Gadelha dans les prochains jours pour parler de laisser sa ceinture bantamweight vacante. « J’ai déjà gagné tous les titres que je voulais en jiu-jitsu dans ma catégorie », a-t-il résumé, en disant préférer désormais des matchs de style MMA face à des noms comme Arman Tsarukyan ou Brian Ortega. Mitchell, lui, a promis de l’accueillir dans sa ferme de l’Arkansas pour travailler le striking. Les deux hommes devraient devenir partenaires d’entraînement.

Fowler conserve son titre sur un match nul partagé

Le co-main event de l’UFC BJJ 11 a offert la fin la plus étrange de la soirée, et le match de la soirée selon l’organisation. Mason Fowler défendait sa ceinture light heavyweight face à Nick Rodriguez, champion du CJI et l’un des meilleurs grapplers no-gi de la planète. Après trois rounds disputés, les juges n’ont pas su départager les deux hommes. Match nul partagé, et le champion conserve son titre. Un verdict qui a visiblement surpris les deux athlètes, Rodriguez ayant dominé la fin du match.

Un premier round pour le champion

D’abord, Fowler a tiré la garde et le combat est allé au sol immédiatement. Pendant que Rodriguez cherchait une ouverture, le champion a explosé de dessous et pris le dos superbement. Installé en contrôle du dos, il a pris son temps, puis lancé une séquence qui a forcé Rodriguez à défendre dans les transitions, les deux hommes roulant à travers le Bowl. Le challenger a fini par remettre son dos au tapis et ramener Fowler dans sa garde. Le rythme est retombé jusqu’à la fin du round.

Rodriguez prend le dessus

Le deuxième round a tourné en faveur de Nicky Rod. Il a puni une tentative de renversement en omoplata de Fowler en passant en demi-garde. Au signal des dix secondes, il a tenté d’enclencher un étranglement. Fowler a répondu par un geste théâtral, bras écartés, pour montrer aux juges qu’il n’était pas en danger. Tout restait à jouer dans le troisième.

Rodriguez n’a pas traîné. Shoot immédiat, rythme imposé, et Fowler contraint de travailler depuis son dos. Le challenger a passé en montée, puis en side control, en étalant sa domination. À une minute de la fin, retour en montée et étranglement verrouillé. Fowler a évité la soumission. Ses applaudissements en se relevant après le buzzer ressemblaient à ceux d’un homme qui pense avoir perdu sa ceinture.

Mason Fowler et Nick Rodriguez après leur match nul pour le titre light heavyweight

Le verdict qui ne satisfait personne

Puis la surprise : split draw. Un juge pour chaque athlète, un juge pour l’égalité. En cas de match nul, le champion garde sa ceinture. Fowler reste donc au sommet des 205 livres par la plus petite des marges. Le débat est ouvert sur la lecture du premier round, où la prise de dos du champion a sans doute pesé lourd. Une revanche paraît inévitable.

Aurelie Le Vern relance sa saison à l’UFC BJJ 11

Cocorico · La Française de la soirée

Aurelie Le Vern, seule représentante française du Bowl, a remporté ses trois rounds face à Rana Willink. Native de Guyane, elle reste à ce jour la première Française championne UFC BJJ, titre conquis dans la catégorie featherweight puis perdu face à Rebeca Lima en avril.

Suivre Aurelie : @AurelieJJ sur Instagram · lire son portrait sur BJJ-Rules

L’ancienne championne featherweight retrouvait le Bowl pour la première fois depuis la perte de son titre à l’UFC BJJ 7. Face à Rana Willink, la Française a signé une prestation dominatrice, conclue par une décision unanime. Le rebond attendu, même sans la soumission.

Aurelie Le Vern attaque Rana Willink lors de leur match featherweight à l'UFC BJJ 11

D’abord, Le Vern a passé le premier round à l’attaque, enchaînant les tentatives de soumission. Willink s’est révélée coriace au sol. Au deuxième, la Française a changé de tempo : moins d’énergie brute, plus de méthode. Ce réglage lui a réussi. Elle a calmement pris le dos de Willink, puis transitionné pas à pas vers le bras. Willink a résisté avec solidité, saluée par un public connaisseur pour son échappée. Le Vern a maintenu la pression, isolé le bras droit et tendu une clé de bras au buzzer. Sauvée par le gong, comme l’a résumé l’organisation sur ses réseaux.

Un troisième round à sens unique

Le troisième round a démarré par un gros slam sur la pente du Bowl. Le Vern a ensuite enchaîné montée puis prise de dos, et verrouillé une position dominante dès les premières secondes. Willink, en défense pendant la quasi-totalité du match, a failli surprendre son adversaire sur une attaque de jambe, sans le bon angle pour conclure. La Française est repartie à l’offensive dans la dernière minute, sans trouver la finition. La décision unanime lui revient logiquement. Voilà la Guyanaise de retour dans la course au titre des 145 livres.

Jay Rodriguez annonce sa soumission, puis l’exécute

Chez les middleweights, Jay Rodriguez a fait fort pour son retour dans le Bowl à l’UFC BJJ 11. Il avait annoncé avant le match qu’il finirait Kevin Beuhring par D’Arce inversé. C’est exactement ce qu’il a fait, à 2:54 du deuxième round. Une victoire pleine d’autorité, récompensée par la soumission de la soirée, qui le place directement dans la conversation pour le titre des 185 livres.

Jay Rodriguez soumet Kevin Beuhring par D'Arce inversé

Rodriguez a pris l’initiative dès le début. À l’inverse, Beuhring préférait jouer depuis son dos en attendant l’erreur. Le début de match a été si passif que l’arbitre Jason Herzog a relevé les deux hommes. J-Rod a continué à pousser, Beuhring restant presque exclusivement au sol. Un passage de garde tardif a offert au premier une avancée de position qui lui a sans doute assuré le round.

Au deuxième round, Rodriguez a maintenu la pression. Un passage de garde intelligent l’a amené en montée face à un Beuhring toujours sur la défensive. Il a alors verrouillé son D’Arce inversé et forcé l’abandon. Au micro, il a réclamé un combat de titre face à Ronaldo Junior, le champion en titre des middleweights.

Pedro Machado gagne, Lucas Norat refuse de taper

Ancien challenger au titre light heavyweight, Pedro Machado est revenu dans la colonne des victoires à l’UFC BJJ 11. Il a dominé son compatriote Lucas Norat pendant trois rounds intenses, sans jamais obtenir l’abandon. Décision unanime pour Machado, et une mention spéciale pour la résistance de Norat.

Pedro Machado travaille une soumission sur Lucas Norat dans le Bowl

Le premier round est parti pied au plancher. Puis, à mi-parcours, Machado a verrouillé un armbar qui semblait décisif. Norat s’en est extrait avec une technique remarquable. Dans la foulée, il a contre-attaqué sur un heel hook dans les dernières secondes, mais le temps a manqué pour aligner correctement la prise.

Le deuxième round a appartenu à Machado. Après un début prudent, il a pris le dos de Norat et travaillé pendant deux minutes et demie pour placer un étranglement arrière. Puis il a changé de cible en un éclair : bascule sur l’armbar, bras tendu, Norat en très grande difficulté. L’abandon semblait une formalité. Norat a ignoré la douleur et s’est encore échappé, à la stupeur générale, juste avant la fin du round.

Le troisième round a ressemblé aux deux premiers : attaque contre défense. Machado a enchaîné kimura, armbar et triangle, tous défendus. La défense de Norat force le respect, mais elle ne rapporte aucun point sous le règlement UFC BJJ. Les tentatives de soumission répétées de Machado lui ont logiquement valu la décision.

Jordan Holy renverse Ryan Elgarico dans la durée

Le featherweight texan Jordan Holy a dû encaisser un départ canon de Ryan Elgarico avant de retourner le match. Décision unanime au terme de trois rounds au scénario inversé : un premier round pour Elgarico, puis deux rounds de domination pour Holy.

Jordan Holy attaque une clé de jambe sur Ryan Elgarico

D’abord, Elgarico a démarré à toute vitesse, changeant de position sans cesse pour passer la garde de Holy. Le Texan a choisi de temporiser et de contrer sur les prises de risque de son adversaire. Alors qu’il commençait à chasser un heel hook, Elgarico a explosé et atterri en side control. Guillotine, puis anaconda choke resserré. Certes, Holy s’est bien extrait, mais Elgarico a gardé la pression jusqu’à la cloche.

Le deuxième round a changé de visage. Holy a pris le rythme à son compte et enchaîné les tentatives de soumission. Il a visé les jambes d’Elgarico avec insistance, kneebar et heel hook tout au long du round. Une attaque de heel hook tardive a visiblement fait très mal au produit de la Red Hawk Academy, qui a serré les dents jusqu’au buzzer. Un round partout, tout se jouait dans le troisième.

Holy a repris son heel hook d’entrée, sans succès. Il a ensuite dominé depuis le dessus, lentement, méthodiquement. Transition dans le dos, crochets en place, et un travail des mains patient à la recherche d’un étranglement arrière. Il a fini par changer d’angle et frôler un armbar de la dernière chance au buzzer. Cette montée en puissance a convaincu les juges, unanimes en faveur du Texan.

Mason Stritzel, 18 ans, des UFC BJJ Open au heel hook

Il y a moins de deux mois, Mason Stritzel participait à un événement test des UFC BJJ Open à Chicago. Ses performances ont tapé dans l’œil des dirigeants de l’UFC BJJ, qui lui ont offert une place sur cette carte. À 18 ans, tout juste sorti du lycée, le bantamweight a saisi sa chance : victoire par heel hook sur Seve Zazueta à 4:06 du deuxième round.

Mason Stritzel verrouille un heel hook sur Seve Zazueta pour ses débuts à l'UFC BJJ 11

D’entrée, Stritzel a attaqué en saisissant la jambe de Zazueta pour créer une ouverture. Ce dernier s’est libéré, puis a gardé son adversaire empilé pendant la majeure partie du round. Le jeune Américain n’a jamais paru impressionné par l’enjeu ni par la pression.

Au deuxième round, Stritzel est allé directement au sol pour initier un enchevêtrement de jambes. Zazueta l’a esquivé intelligemment et s’est installé dans sa garde. Il a dû éviter un triangle, puis un triangle-armbar, en changeant sans cesse de point d’attaque face à une garde très serrée. Zazueta n’a jamais trouvé l’ouverture. Stritzel, lui, a fini par se placer pour verrouiller un heel hook. Abandon immédiat, et des débuts de rêve dans le Bowl pour le plus jeune athlète de la carte.

Daniel Deeder finit Kolby Gonzalez sur une kimura brutale

L’autre recrue des UFC BJJ Open, le welterweight Daniel Deeder, a lui aussi réussi ses débuts. Il a fallu attendre le troisième round pour qu’une ouverture se présente face à Kolby Gonzalez, 16 ans seulement. Kimura à 2:20, une fin de match qui a fait grimacer tout le Meta APEX, et la deuxième soumission de la soirée récompensée par l’organisation.

Daniel Deeder célèbre sa victoire par kimura sur Kolby Gonzalez

Deeder a sauté la garde d’entrée. En face, Gonzalez, calme, s’est installé en demi-garde. Après une période d’inactivité, l’arbitre Ricardo Almeida a relevé les deux hommes. Deeder a alors tenté une entrée volante en garde inversée et attrapé le pied de Gonzalez pour un toe hold. L’adolescent est resté compact et a neutralisé l’attaque. Deeder a changé de cible sur une clé de bras, encore défendue proprement.

Au deuxième round, Gonzalez a tenté une prise de dos volante. Deeder l’a vue venir et l’a esquivée, avant d’adresser un doigt réprobateur au jeune homme. Gonzalez est passé par sa lutte pour amener Deeder au sol, sur la pente du Bowl. Nouvelle interruption d’Almeida, nouvelle reprise, et Gonzalez a cherché un arm-triangle depuis le dessus. Deeder s’en est sorti, puis a commencé à travailler un footlock au buzzer.

Le troisième round semblait figé, Gonzalez au-dessus, Deeder patient. Puis l’ouverture est venue. Deeder a saisi le bras gauche de l’adolescent et l’a tordu dans une kimura d’une violence rare. Gonzalez n’a pas tapé. Deeder a accentué la pression jusqu’à ce que le bras cède, forçant l’arrêt du match. Une fin brutale qui relance le débat sur l’âge des athlètes acceptés dans le Bowl.

Le bilan de l’UFC BJJ 11 : le Bowl change d’époque

Onzième événement, et trois signaux forts à retenir de cet UFC BJJ 11. Le premier est sportif : Musumeci a montré qu’il pouvait dominer sans ses leg locks, mais il a aussi perdu son aura d’invincibilité. Quinze minutes sans abandon face à un combattant MMA, c’est une première dans son parcours UFC BJJ. Et si ses déclarations se confirment, ce match pourrait avoir été le dernier du champion bantamweight dans le Bowl sous cette forme, sa ceinture devant être remise en jeu quand il partira en MMA. Le deuxième est arbitral : le match nul Fowler-Rodriguez pose la question du jugement des rounds équilibrés, et de la règle qui favorise le champion en cas d’égalité. Le troisième est structurel : les UFC BJJ Open fonctionnent comme un vivier. Deux recrues, deux soumissions, dont une récompensée.

La soirée rappelle aussi ce qui distingue le règlement UFC BJJ. Cinq matchs sur huit sont allés aux cartes des juges, tranchés au système des 10 points. Les tentatives de soumission priment, avant les techniques offensives et le contrôle. C’est ce qui a coûté la victoire à Lucas Norat malgré une défense héroïque. Pour comparer avec la logique IBJJF, notre article sur le décompte des points en JJB détaille les deux systèmes.

Fight Pass : la porte d’entrée se referme

Reste la question de la diffusion, et là, difficile de ne pas exprimer un regret. Le direct gratuit sur YouTube était la grande force de l’UFC BJJ : des matchs de haut niveau accessibles à tous, y compris aux curieux qui n’avaient jamais regardé de jiu-jitsu de leur vie. En basculant sur Fight Pass, l’organisation choisit la monétisation directe. C’est compréhensible d’un point de vue économique, mais c’est dommage pour la discipline. Le Bowl était devenu une porte d’entrée vers le JJB pour un public bien plus large que les pratiquants. Cette porte vient de se refermer en partie.

Le calendrier de fin d’année de l’UFC BJJ

L’organisation a dévoilé son programme jusqu’à décembre au lendemain de la soirée. Trois événements numérotés sont prévus au Meta APEX : l’UFC BJJ 12 le 8 octobre, avec le titre lightweight en jeu entre Renato Canuto et Ethan Crelinstein, puis l’UFC BJJ 13 le 29 octobre et l’UFC BJJ 14 le 3 décembre. En parallèle, les UFC BJJ Open, le circuit ouvert qui a révélé Stritzel et Deeder, font étape à Fort Lauderdale les 26 et 27 septembre, à Indianapolis les 24 et 25 octobre, et à Denver les 21 et 22 novembre.

D’ici là, testez vos connaissances sur la série avec nos quiz JJB, et retrouvez tous les termes techniques de cet article dans notre lexique du JJB.

FAQ : l’UFC BJJ 11 en bref

Qui a gagné l’UFC BJJ 11 ?

Mikey Musumeci a remporté le main event de l’UFC BJJ 11 par décision unanime face au combattant UFC Bryce Mitchell. L’événement s’est tenu le 24 septembre 2026 au Meta APEX de Las Vegas. Le champion bantamweight combattait à 145 livres sans mettre son titre en jeu. En co-main event, Mason Fowler a conservé le titre light heavyweight sur un match nul partagé face à Nick Rodriguez.

Pourquoi Musumeci n’a-t-il pas utilisé de leg locks contre Mitchell ?

Les deux athlètes avaient conclu un accord avant le match : Musumeci s’engageait à ne pas chercher de soumission de jambe. Il s’est tenu à cette promesse pendant les trois rounds. Il a en revanche utilisé les entrées de leg locks pour renverser et améliorer sa position, ce qui lui a valu des sifflets du public au premier round. Ses vraies attaques de finition sont passées par l’anaconda, la guillotine, l’étranglement arrière et l’armbar.

Mikey Musumeci va-t-il passer en MMA ?

Oui, selon ses propres déclarations en conférence de presse. Musumeci s’entraîne en MMA chez Syndicate à Las Vegas et annonce un premier combat avant la fin de l’année 2026, probablement en novembre ou décembre, en poids mouches (125 livres). Il prévoit de discuter avec l’UFC pour laisser vacante sa ceinture bantamweight UFC BJJ.

Pourquoi Mason Fowler garde-t-il son titre après un match nul ?

Les juges ont rendu un split draw : un juge pour Fowler, un pour Rodriguez, un pour l’égalité. En match de championnat, un nul signifie que le champion conserve sa ceinture. Fowler reste donc champion light heavyweight malgré un troisième round dominé par Rodriguez. Le duel a été élu match de la soirée par l’organisation, et une revanche paraît probable.

Comment s’est comportée Aurelie Le Vern à l’UFC BJJ 11 ?

La Française Aurelie Le Vern a battu Rana Willink par décision unanime. Elle a dominé les trois rounds, avec plusieurs prises de dos et des attaques de bras répétées, sans obtenir l’abandon. C’est son premier match depuis la perte de son titre featherweight face à Rebeca Lima à l’UFC BJJ 7.

Où voir le replay et quel est le prochain événement ?

Contrairement aux événements précédents, l’UFC BJJ 11 n’a pas été diffusé gratuitement sur YouTube. La soirée était réservée aux abonnés UFC Fight Pass, où le replay complet reste disponible. Le prochain événement, l’UFC BJJ 12, est prévu le 8 octobre 2026 avec le titre lightweight entre Renato Canuto et Ethan Crelinstein. Suivront l’UFC BJJ 13 le 29 octobre et l’UFC BJJ 14 le 3 décembre.

À lire aussi

Pour prolonger la soirée : UFC BJJ 10 : résultats complets, analyse et bilan, le portrait d’Aurelie Le Vern et toute notre couverture de l’UFC BJJ.