Léon Larman : Portrait d’un Compétiteur Français
Berimbolo fluide, transitions vers le dos, jeu de garde moderne : Léon Larman a construit un jiu-jitsu qui fonctionne. À 27 ans, ce natif de Montpellier évolue...

Berimbolo fluide, transitions vers le dos, jeu de garde moderne : Léon Larman a construit un jiu-jitsu qui fonctionne. À 27 ans, ce natif de Montpellier évolue régulièrement sur les circuits IBJJF et AJP, représente Focus Jiu-jitsu, et figure parmi les compétiteurs français les plus actifs de sa génération sur la scène internationale.
Table Of Content
- Les Débuts : De Brissac aux Premiers Podiums Internationaux
- Formation et Mentors : Entre France et Californie
- Style de Jeu : Berimbolo, Dos, et Jiu-Jitsu Moderne
- Palmarès : Une Présence Régulière sur le Circuit International
- Équipe de France 2025-2026 : Cadre Institutionnel et Représentation
- Transmission et Enseignement : Partager l’Approche Moderne
- Conclusion : Une Trajectoire Représentative du JJB Français Contemporain
- Fiche Technique Léon Larman
- Le Saviez-Vous ?
Ceinture noire depuis 2018, actuellement membre de l’équipe de France CFJJB, Léon incarne une génération de grapplers formés jeunes, ayant choisi de s’exposer tôt à la compétition mondiale, et dont le style reflète l’évolution technique du jiu-jitsu sportif contemporain.
De ses premiers pas sur les tatamis du sud de la France à ses périodes d’entraînement en Californie auprès de Caio Terra, son parcours illustre les trajectoires empruntées par les compétiteurs européens cherchant à se confronter durablement à l’élite mondiale.

Les Débuts : De Brissac aux Premiers Podiums Internationaux
Léon Larman naît le 18 avril 1997 à Montpellier et grandit à Brissac, dans le sud de la France. Son entrée dans le jiu-jitsu brésilien n’est pas le fruit d’une recherche sportive intensive, mais d’une découverte familiale : à 9 ans, il accompagne son père, pratiquant amateur passionné, à l’entraînement. Le déclic est immédiat.
Contrairement aux sports collectifs ou aux disciplines privilégiant la puissance explosive, le jiu-jitsu offre un terrain où la stratégie, la répétition technique et la résolution de problèmes en temps réel priment. Pour le jeune Léon, ce cadre devient rapidement un espace d’expression naturel.
David Touzet, son premier entraîneur, joue un rôle fondateur dans ces années de formation. Il détecte le potentiel compétitif de Léon et l’oriente précocement vers les circuits de compétition. La progression est rapide, nourrie par un volume d’entraînement important et une approche méthodique.
En 2013, à 16 ans, Léon décroche la médaille d’argent aux Championnats d’Europe IBJJF dans la catégorie junior. Ce résultat confirme son intégration dans le paysage compétitif européen et valide les choix tactiques pris durant ses années de formation.
Les années suivantes le voient gravir les grades avec régularité : ceinture bleue, violette, marron. Chaque étape consolide ses fondamentaux techniques et affine sa compréhension du combat au sol. En 2018, à 21 ans, il reçoit sa ceinture noire des mains de Julien Gaillard, son professeur à Earth Brazilian Jiu-Jitsu.
Pour Léon, cette promotion marque moins un aboutissement qu’un point de départ : celui d’une carrière adulte confrontée aux exigences du plus haut niveau.

Formation et Mentors : Entre France et Californie
Si Julien Gaillard reste l’instructeur qui lui a remis sa ceinture noire, le parcours de Léon est marqué par plusieurs figures complémentaires qui ont contribué à façonner son jiu-jitsu.
David Touzet pose les fondations durant les années juniors, instillant rigueur et orientation compétitive. Julien Gaillard, développe ensuite son jeu de garde et sa compréhension tactique du combat. Mais c’est après l’obtention de sa ceinture noire que Léon prend une décision structurante : consacrer une partie importante de son temps à s’entraîner à l’étranger.
À partir du milieu des années 2010, il s’entraîne régulièrement au sein de la Caio Terra Association, en Californie. Cette immersion dans un environnement ultra-compétitif joue un rôle central dans l’évolution de son style. Caio Terra, multiple champion du monde IBJJF et figure majeure du jiu-jitsu moderne, est reconnu pour son approche méthodique axée sur la précision technique.
Dans ce cadre, Léon affine son jeu de garde, développe sa compréhension des transitions et renforce son efficacité dans les phases clés du combat. Il y côtoie également l’élite mondiale, dont Mikey Musumeci, et absorbe une philosophie d’entraînement orientée vers la performance internationale.
Cette période contribue à structurer une vision stratégique du jiu-jitsu : comment marquer des points, contrôler le rythme, sécuriser une avance sans s’exposer inutilement. Une approche particulièrement adaptée aux formats IBJJF, où la gestion des avantages et des pénalités joue un rôle déterminant.
Au-delà de ses instructeurs directs, Léon cite deux compétiteurs norvégiens comme influences majeures : Tommy Langaker et Espen Mathiesen. Ces champions, reconnus pour leur jeu de garde moderne et leurs transitions fluides, ont inspiré son approche technique. Étudier leurs combats, décortiquer leurs mouvements, s’approprier ce qui fonctionne : une méthode de progression devenue partie intégrante de son processus d’amélioration.

Style de Jeu : Berimbolo, Dos, et Jiu-Jitsu Moderne
Techniquement, Léon Larman est régulièrement associé au berimbolo, cette séquence issue des gardes inversées visant à déséquilibrer l’adversaire pour accéder à la prise du dos. Popularisée dans les années 2010 par les frères Mendes, cette approche s’est progressivement imposée comme une réponse efficace aux règles IBJJF qui valorisent fortement le contrôle dorsal (4 points) et pénalisent la passivité.
Chez Léon, le berimbolo n’est pas une fin en soi, mais un outil intégré dans un système plus large. Il s’inscrit dans un jeu de garde structuré autour de la De La Riva, de la single leg X et de variations hybrides permettant d’enchaîner balayages, transitions et attaques dorsales. Cette continuité technique est caractéristique du jiu-jitsu moderne : moins de mouvements isolés, plus de séquences fluides adaptées aux réactions adverses.
Ce qui définit son approche, c’est la capacité à maintenir une pression technique constante jusqu’à obtenir une position dominante. Pas de spectacle gratuit, pas de risques inutiles : une logique de gestion des points cohérente avec les formats compétitifs actuels.
Léon Larman, un jeu complet et intelligent
Sa garde préférée, la De La Riva, offre un contrôle précis de la distance et de l’équilibre de l’adversaire. Depuis cette position, Léon peut initier ses attaques favorites : balayages (notamment depuis la single leg X avec underhook), berimbolos, et prises du dos. L’objectif reste constant : accéder au contrôle dorsal.
Une fois le dos pris, Léon privilégie les étranglements, qu’ils soient classiques (rear naked choke, bow and arrow) ou adaptés aux défenses adverses.
Son style s’inscrit dans une évolution plus large du jiu-jitsu sportif : l’adaptation tactique aux systèmes de points, la primauté donnée au contrôle sur la force, et l’intégration de concepts venus des grands champions brésiliens et américains. En cela, Léon représente une génération de compétiteurs européens qui ne se contentent plus d’imiter, mais qui développent leur propre lecture du jeu moderne.
En compétition, il évolue dans la catégorie des poids légers (moins de 76kg), l’une des plus relevées du circuit international, concentrant certains des meilleurs techniciens du monde. Son jeu lui permet d’y tenir son rang face à des adversaires venus du Brésil, des États-Unis ou d’Asie.
Cette polyvalence témoigne d’une maîtrise complète des fondamentaux du jiu-jitsu brésilien, y compris dans des registres plus classiques comme la garde fermée, qu’il maîtrise à la perfection, avec son travail de contrôle grâce au lapel.
Palmarès : Une Présence Régulière sur le Circuit International
Le parcours compétitif de Léon Larman se caractérise par une exposition régulière aux circuits internationaux majeurs, principalement l’IBJJF (International Brazilian Jiu-Jitsu Federation) et l’AJP (Abu Dhabi Jiu-Jitsu Pro).
Le circuit AJP, basé aux Émirats Arabes Unis et connu pour ses prize money attractifs, constitue l’autre pilier de sa carrière compétitive. Léon y participe régulièrement depuis son accession à la ceinture noire, accumulant de l’expérience face à des grapplers venus du monde entier.
En 2024, Léon a également participé à l’ADXC (Abu Dhabi Extreme Championship), un format original où les combats se déroulent dans une cage avec un système de points modifié. Le 18 mai 2024, il a affronté le Norvégien Espen Mathiesen à Paris, dans un combat phare de la soirée. Au-delà du résultat, cette participation témoigne de sa reconnaissance sur le circuit international et de sa volonté de tester différents formats compétitifs.
Ce qui ressort de ce palmarès n’est pas tant une accumulation de titres majeurs qu’une régularité : année après année, Léon se présente sur les tatamis internationaux, affronte des adversaires de haut niveau, et maintient une présence constante dans les phases finales. Dans un sport où les blessures (lui même ayant subi plusieurs blessures et interventions chirurgicales) et le burn-out guettent, cette constance est notable.

Équipe de France 2025-2026 : Cadre Institutionnel et Représentation
En juillet 2025, la CFJJB (Confédération Française de Jiu-Jitsu Brésilien) a dévoilé la composition de l’équipe de France pour la saison 2025-2026. Léon Larman figure dans cette sélection, aux côtés de 17 autres hommes et 3 femmes.
Cette sélection, fondée sur les résultats sportifs et la régularité compétitive, vise à structurer la représentation française sur les grandes compétitions internationales (Championnats d’Europe IBJJF, Abu Dhabi World Pro, Grand Slams AJP). Pour Léon, elle constitue une reconnaissance de son parcours.
Au sein de cette équipe, il figure parmi les compétiteurs les plus expérimentés de la délégation masculine, aux côtés de noms comme Youness Bennouali, Nicolas Schwinninger (The Coaching Lab, champion d’Europe 2025 en violette), Henrique Soares, ou les frères Ibrahim et Mohamed Regnier.
Il faut noter que le concept d’équipe nationale en jiu-jitsu brésilien reste relativement récent en France. Contrairement aux sports olympiques, le jiu-jitsu fonctionne historiquement sur un modèle décentralisé, avec des affiliations d’académies plutôt que des structures fédérales. La CFJJB tente de construire une cohérence nationale, mais les résultats collectifs restent à construire.
La sélection révèle également un déséquilibre de genre marqué : 3 femmes pour 18 hommes. La CFJJB travaille activement au développement de la pratique féminine, mais la France accuse encore un retard significatif dans la construction d’une base compétitive féminine comparable aux nations leaders.
Représenter l’équipe de France implique des engagements : stages de préparation collective, respect d’un code de conduite, disponibilité pour les grands rendez-vous. Pour Léon, qui partage son temps entre la France et le Portugal, cela nécessite une organisation rigoureuse de son calendrier.

Transmission et Enseignement : Partager l’Approche Moderne
Au-delà de la compétition, Léon développe une activité de transmission à travers des stages, des séminaires et du contenu pédagogique. Son instructional “Attack Le Back” propose une approche conceptuelle de la prise du dos : plutôt qu’une accumulation de techniques isolées, il explique les principes de création d’opportunités, de timing, et de finition.
Les stages qu’il anime en France rencontrent un intérêt croissant, notamment auprès de pratiquants cherchant à comprendre les mécaniques avancées du jeu de garde et du contrôle du dos.
Son affiliation à Focus Jiu Jitsu HQ et son partenariat avec Kingz Kimonos participent également à sa visibilité dans la communauté française et internationale. (Pour ceux qui souhaitent organiser un stage, Léon peut être contacté directement via son email professionnel : leonlarmanjjb@gmail.com.)
Sur les réseaux sociaux, sa présence Instagram (@leonlarmanbjj) lui permet de partager son quotidien d’entraînement, ses combats, et ses réflexions sur le jiu-jitsu, contribuant ainsi à populariser le sport en France auprès d’une audience de pratiquants et de passionnés.
Conclusion : Une Trajectoire Représentative du JJB Français Contemporain
À 27 ans, le parcours de Léon Larman illustre l’évolution du jiu-jitsu français au cours des quinze dernières années. Formé jeune, exposé tôt à la compétition internationale, ayant fait le choix d’une immersion prolongée dans des environnements d’excellence à l’étranger, il représente une génération pour laquelle le jiu-jitsu n’est plus uniquement une pratique locale, mais un champ d’expérimentation global.
Son influence ne se mesure pas uniquement en titres majeurs, mais dans la cohérence de son jeu, sa compréhension des règles modernes, et sa capacité à transmettre une vision tactique mais aussi la façon d’aborder l’entraînement. À travers ses combats, son enseignement et sa présence régulière sur les circuits internationaux, Léon contribue à inscrire le jiu-jitsu français dans une dynamique mondiale.
Les prochaines années diront si cette exposition constante au plus haut niveau se traduira par une montée sur la plus haute marche du podium mondial.
Pour les pratiquants français, suivre le parcours de Léon Larman, c’est observer un athlète qui a choisi de ne pas se contenter du circuit national, mais de se confronter directement aux standards internationaux. C’est aussi découvrir un compétiteur qui, par son style technique et son professionnalisme, contribue à élever le niveau général du JJB hexagonal !

Fiche Technique Léon Larman
Nom complet : Léon Larman
Date de naissance : 18 avril 1997
Lieu de naissance : Montpellier, France
Grade : Ceinture noire (depuis 2018)
Professeur principal : Julien Gaillard (Earth Brazilian Jiu Jitsu)
Affiliation : Focus Jiu Jitsu HQ
Catégorie de poids : Légers (-76kg)
Spécialités : Berimbolo, prise du dos, étranglements
Garde préférée : De la Riva
Sponsor : Kingz Kimonos
Instagram : @leonlarmanbjj
Contact séminaires : leonlarmanjjb@gmail.com
Distinctions notables 2025 :
- Membre et capitaine de l’équipe de France 2025-2026
- 🥇 Champion de France CFJJB
- 🥇 Champion Paris Open IBJJF 2025
- 🥇 Champion Genève Open IBJJF 2025
- 🥇 Champion “Nacional” Open Portugal 2025
- 🥇 Champion Turin Open IBJJF 2025
Le Saviez-Vous ?
Un choix structurant : Après avoir obtenu sa ceinture noire en 2018, Léon a choisi de consacrer une large partie de son temps à s’entraîner à l’étranger, notamment en Californie auprès de Caio Terra. Cette décision d’investissement dans l’entraînement international est caractéristique d’une génération de compétiteurs européens cherchant à combler l’écart d’exposition avec les Brésiliens et Américains.
Influence nordique : Léon cite Tommy Langaker et Espen Mathiesen comme influences majeures de son style. L’ironie du sort a voulu qu’il affronte justement Espen lors d’un combat phare de l’ADXC 4 à Paris en 2024, transformant l’admiration en confrontation sportive directe.
Transmission familiale : C’est son père, pratiquant amateur, qui a introduit Léon au jiu-jitsu à 9 ans. Cette transmission intergénérationnelle est fréquente dans le jiu-jitsu, sport où l’aspect familial et communautaire joue souvent un rôle déterminant dans la découverte de la discipline.
Berimbolo et règles IBJJF : La popularisation du berimbolo dans les années 2010 est directement liée à l’évolution des règles IBJJF, qui valorisent fortement la prise du dos (4 points) et pénalisent la passivité. Léon a intégré cette technique dans son jeu à un moment où elle devenait un outil tactique essentiel pour les compétiteurs de garde.
Parcours international : Évoluant régulièrement entre la France, les États-Unis, le Portugal et les différentes compétitions mondiales (Europe, Moyen-Orient, Amérique), Léon incarne le jiu-jitsu moderne : sans frontières géographiques, enrichi par des influences multiculturelles, et structuré autour d’une communauté internationale de pratiquants et de compétiteurs.
Des rivaux internationaux : Léon Larman, au cours de ces compétitions a offert des combats mémorables face à des adversaires de renommées internationales… Pour ne cités que quelques-un, Murasaki, Agazarm, Henrique, ou encore un certain Galvao, rien que ça !




