Tout le monde connaissait son plan : amener au sol, passer, monter, étrangler. Personne n’a su l’empêcher. Dix titres mondiaux IBJJF, un ADCC gagné avec huit soumissions en huit combats, un titre de champion de MMA, et une sortie en 2017 sur une finition de ceinture blanche face au champion le plus titré de la génération suivante. Portrait de Roger Gracie, l’homme qui a fait de la simplicité un art.
Rio de Janeiro, 23 juillet 2017. Dans l’Arena Carioca 1, Marcus « Buchecha » Almeida, 13 titres mondiaux, s’avance face à Roger Gracie, 36 ans, sorti de sa retraite pour une dernière soirée. Les gradins sont remplis de ceintures noires. Pas de trash talk, pas de mise en scène. Pendant six minutes, Buchecha pousse le rythme et Roger ne bouge presque pas : il déplace la pression, grignote l’espace, passe, monte. Puis il ouvre le revers. Étranglement au revers depuis la montée, Buchecha tape à 6:52. Quelques instants plus tard, micro en main, Roger annonce qu’il arrête. Il quitte le tatami sur l’image la plus pure de son jiu-jitsu.
Ce portrait de Roger Gracie remonte le fil : l’enfance dans la famille la plus célèbre du jiu-jitsu, l’exil londonien qui a forgé son style, le règne de 2004 à 2010, la parenthèse MMA jusqu’au titre ONE Championship, le duel de 2017 et l’héritage d’un homme que John Danaher, Georges St-Pierre et une bonne partie du circuit placent au sommet de l’histoire du kimono.

Sommaire10
- Roger Gracie en bref
- Qui est Roger Gracie et d’où vient-il ?
- Pourquoi Roger Gracie a-t-il construit son jiu-jitsu à Londres ?
- Quel est le palmarès de Roger Gracie ?
- Quel est le style de Roger Gracie ?
- Roger Gracie en MMA : un jiu-jitsu adapté, pas transformé
- Roger Gracie contre Buchecha : le duel final de 2017
- Quel héritage Roger Gracie laisse-t-il au jiu-jitsu ?
- FAQ : Roger Gracie
- Conclusion : l’empreinte de Roger Gracie
Roger Gracie en bref
Fiche d’identité
- Nom complet : Roger Gracie Gomes
- Naissance : 26 septembre 1981 à Rio de Janeiro (Brésil)
- Nationalité : Brésilienne, installé à Londres depuis le début des années 2000
- Famille : petit-fils de Carlos Gracie, fils de Reila Gracie et de Maurício « Maurição » Gomes
- Catégorie : super-lourd (100,5 kg), vainqueur en absolute
- Lignage : Carlos Gracie, Hélio Gracie, Carlos Gracie Jr, Roger Gracie
- Grade : ceinture noire en 2004, remise par Carlos Gracie Jr
- Équipes : Gracie Barra, puis Roger Gracie Academy (Londres)
- Technique favorite : étranglement croisé depuis la montée
- Statut : retraité de la compétition depuis juillet 2017, dirige la Roger Gracie Academy
Sources : BJJ Heroes, IBJJF, Roger Gracie Academy. Dernière vérification : octobre 2026.
Qui est Roger Gracie et d’où vient-il ?
Roger Gracie est un compétiteur brésilien de jiu-jitsu né le 26 septembre 1981 à Rio de Janeiro, petit-fils de Carlos Gracie, le fondateur du jiu-jitsu brésilien. Il est dix fois champion du monde IBJJF en ceinture noire, double champion ADCC 2005 et ancien champion des mi-lourds du ONE Championship en MMA. Sa particularité dans la famille : c’est par sa mère, Reila Gracie, qu’il porte le nom.
Un nom choisi pour sa lettre
Le prénom n’est pas un hasard. Reila Gracie a raconté que son père Carlos croyait au pouvoir des prénoms commençant par la lettre R, censés apporter force et charisme : Rolls, Rickson, Royler, Renzo, Ryan, Roger. Son propre prénom, Reila, était déjà une invention de Carlos. Le père de Roger, Maurício Motta Gomes, est un compétiteur redouté des années 1970 et 1980, ceinture noire sous Rolls Gracie, et l’un des premiers à avoir implanté le jiu-jitsu brésilien au Royaume-Uni.

Enfant, Roger baigne dans le jiu-jitsu sans s’y consacrer vraiment. Les repas, les week-ends, les conversations tournent autour du tatami, mais il reste longtemps spectateur. Rio dans les années 1990 est en pleine effervescence : Gracie Barra et Carlson Gracie s’affrontent en compétition et parfois dans la rue, et les ceintures noires sont des héros pour les gamins. Roger regarde, absorbe, mais ne s’entraîne pas sérieusement avant la fin de l’adolescence.
Le déclic dans le sud du Brésil
Le tournant arrive à l’adolescence, pendant des vacances passées chez son oncle Rilion Gracie, dans le sud du Brésil. Roger est alors un peu hors de forme. Rilion le pousse à s’entraîner tous les jours, à surveiller son alimentation, à vivre comme un athlète. Au bout de cinq semaines, la graine est plantée : le jiu-jitsu cesse d’être un loisir familial et devient un engagement personnel. Il rentre à Rio transformé, plus léger, plus régulier à l’entraînement, et commence à viser la compétition.
Pourquoi Roger Gracie a-t-il construit son jiu-jitsu à Londres ?
Roger Gracie quitte Rio pour Londres au tournant des années 2000, après un incident avec la police que sa famille juge suffisant pour l’éloigner de ses fréquentations. Il y rejoint son père et y développe un jiu-jitsu à contre-courant : sans partenaires de haut niveau au quotidien, il répète les mêmes fondamentaux jusqu’à la perfection. C’est l’origine de son style.
Un environnement presque vide
Londres au début des années 2000 ne compte que quelques clubs de jiu-jitsu brésilien, et la communauté européenne est encore minuscule : des instructeurs brésiliens isolés en Angleterre, en France, en Espagne et en Scandinavie, des compétitions dans des gymnases modestes où réunir cinquante participants relève de l’exploit. Son seul partenaire de calibre international est Braulio Estima, qui vit à deux heures de route. La plupart du temps, Roger s’entraîne avec ses propres élèves.

Il l’a expliqué lui-même : s’il a si bien développé ses bases, c’est précisément parce qu’il n’avait pas de champions sous la main tous les jours. Il devait répéter encore et encore les techniques qu’il connaissait, jusqu’à les maîtriser parfaitement. Enseigner très tôt l’oblige aussi à décortiquer chaque détail : comment expliquer une transition, corriger une posture, anticiper une réaction. Ce travail de précision, plutôt que la chasse aux nouveautés, devient sa marque de fabrique.
Les ceintures de couleur : trois titres mondiaux en trois ans
Connecté à Gracie Barra Rio, Roger multiplie les allers-retours pour se tester. Il est champion du monde IBJJF en ceinture bleue en 2000, en violette en 2001 et en marron en 2002, année où il réalise le doublé catégorie et absolute. Les voyages sont longs, les budgets serrés, chaque déplacement est un pari. Mais le style est déjà là : prise de contrôle, pression méthodique, et cette capacité à faire simple quand les autres se perdent dans la variété. En 2004, Carlos Gracie Jr lui remet la ceinture noire. Pour situer ce parcours, lisez notre guide sur la signification de chaque ceinture en jiu-jitsu brésilien.

Quel est le palmarès de Roger Gracie ?
Roger Gracie compte dix titres mondiaux IBJJF en ceinture noire, obtenus de 2004 à 2010 : sept dans sa catégorie, les super-lourds, et trois en absolute (2007, 2009, 2010). Il a aussi réalisé le doublé catégorie et absolute à l’ADCC 2005 en soumettant ses huit adversaires, un exploit jamais égalé. Son bilan en noire : 76 victoires, 7 défaites, aucune soumission encaissée.
Palmarès de Roger Gracie (ceinture noire)
| Mondiaux IBJJF, super-lourds | 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 |
| Mondiaux IBJJF, absolute | 2007, 2009, 2010 (argent en 2004, 2005 et 2008) |
| ADCC | 2005, catégorie et absolute, 8 soumissions en 8 combats ; superfight 2007 |
| Européen IBJJF | 2005, catégorie et absolute |
| Panaméricain IBJJF | 2006, absolute |
| Ceintures de couleur | Champion du monde en bleue (2000), violette (2001) et marron (2002, doublé) |
| Bilan en ceinture noire | 76 victoires, 7 défaites, jamais soumis |
| Victoires par soumission | 62 (82 %), dont 29 étranglements depuis le dos, 19 étranglements croisés, 16 clés de bras |
| MMA | 8 victoires, 2 défaites ; champion des mi-lourds ONE Championship (2016) |
Source : BJJ Heroes (fiche et historique des combats), consultée en octobre 2026.
2004 : premier titre et le bras de Jacaré
Première année de ceinture noire, premier titre mondial chez les super-lourds. En finale de l’absolute, il affronte Ronaldo « Jacaré » Souza. Roger verrouille une clé de bras, Jacaré refuse de taper, se fracture le bras, s’échappe et conserve son avance aux points jusqu’à la fin. Le public est partagé entre admiration pour le courage de Jacaré et malaise. Roger, lui, retient surtout qu’il a tenu la finale à sa première tentative.
2005 : l’ADCC parfait
À l’ADCC 2005, Roger signe la performance la plus propre de l’histoire de l’événement : huit combats, huit soumissions, pour remporter sa catégorie et l’absolute. En finale de l’absolute, il prend sa revanche sur Jacaré par étranglement arrière. Aucun autre athlète n’a jamais traversé un ADCC complet, catégorie et absolute, en soumettant tout le monde. La même année, il gagne les Mondiaux dans sa catégorie, prend l’argent en absolute et réalise le doublé à l’Open d’Europe.
2006 à 2010 : le règne
Au Pan 2006, il s’incline aux points contre Xande Ribeiro chez les super-lourds, puis le soumet par triangle en moins d’une minute en finale de l’absolute, quelques heures plus tard. C’est tout Roger : patient dans la défaite, implacable dans la revanche. En 2007, il réalise son premier doublé aux Mondiaux en ceinture noire et gagne la superfight ADCC contre Jon Olav Einemo. En 2008, il garde sa catégorie et perd de peu la finale absolute contre Xande.
Les Mondiaux 2009 sont son chef-d’œuvre : doublé catégorie et absolute, et toutes ses finales gagnées par étranglement croisé depuis la montée, la même séquence appliquée à des adversaires d’élite qui savaient exactement ce qui allait arriver. En 2010, pour son dernier Mondial, il réalise encore le doublé : victoire chez les super-lourds contre Ricardo Abreu, et titre absolute par forfait de Romulo Barral, blessé. Il quitte la scène IBJJF sur sept titres de catégorie consécutifs. Pour comprendre comment ces finales se jouent, relisez le décompte des points en jiu-jitsu brésilien.

Quel est le style de Roger Gracie ?
Le style de Roger Gracie tient en une séquence que tous ses adversaires connaissaient : amener au sol, passer la garde, prendre la montée, finir par étranglement croisé ou clé de bras. Sa force n’est pas la surprise mais la certitude : une précision clinique, un contrôle du timing et une absence totale de précipitation qui rendaient la séquence inévitable même annoncée. Sa technique favorite, selon BJJ Heroes, reste l’étranglement croisé depuis la montée.
La montée comme point de non-retour
Roger l’a résumé en une phrase souvent citée : les bases sont l’aspect le plus important de votre jeu, et si vous le laissez prendre la montée, il sera très difficile de vous échapper. Sa montée n’est pas une position de transit mais une cage : poids sur le sternum, genoux hauts, hanches lourdes, et des mains qui travaillent le col pendant que l’adversaire use son énergie à ne pas se faire retourner. L’étranglement croisé arrive alors comme une conclusion, pas comme une attaque. Dix-neuf de ses soixante-deux soumissions en noire sont des étranglements croisés, et vingt-neuf des étranglements depuis le dos, souvent obtenus quand l’adversaire tourne pour fuir la montée.
Go Further Faster, par John Danaher
Roger Gracie ne vend pas d’instructionnel chez BJJ Fanatics. Pour travailler ce qu’il incarne, les fondamentaux en kimono poussés à la perfection, la série la plus proche de cet esprit est celle de John Danaher : montée, contrôles, sorties, passage, en huit volumes (en anglais).
Voir l’instructionnelTransparence : lien affilié. Le prix ne change pas pour vous et votre achat soutient BJJ-Rules.
La garde fermée comme piège
Beaucoup voient la garde fermée comme une position d’attente. Roger l’utilise comme une trappe. Quand l’adversaire insère un genou pour l’ouvrir, il déclenche une poussée des hanches vers le haut combinée à une pression interne des genoux qui déséquilibre et renverse. Pas de force brute, du timing et un angle. Ce sens du détail, alignement des hanches, placement de la main opposée, lecture de l’intention adverse, est ce qui sépare un mouvement de ceinture blanche d’une arme quasi infaillible.
La clé de bras depuis la montée, l’arme universelle
Si l’étranglement croisé reste sa finition la plus célèbre en gi, la clé de bras depuis la montée est l’outil qu’il transporte partout : gi, no-gi, ADCC, MMA. Il verrouille le coude contre son torse dès la saisie du bras, ce qui interdit toute sortie, et anticipe la tentative classique de l’adversaire de piéger sa jambe en demi-garde. La puissance vient de la structure du corps, pas des muscles, ce qui explique qu’il ait pu répéter le schéma contre des adversaires plus jeunes, plus explosifs et parfois plus lourds.
Dans la famille des fondamentalistes du jiu-jitsu, Roger se distingue par sa capacité à appliquer la même séquence à tous les styles. Là où Marcelo Garcia construit un jeu de mouvement et de prises de dos, Roger installe une position, la verrouille, puis avance sans retour possible. C’est aussi ce qui rend son style si rare aujourd’hui : il exige une patience qui va à contre-courant d’une compétition moderne orientée vers la vitesse, les berimbolos et le 50/50. Là où beaucoup cherchent la surprise, il cherche la certitude.
The Science of Guard Passing, par Lucas Lepri
Avant la montée, il faut passer. Le passage en pression et en kimono que Roger pratiquait, Lucas Lepri, multiple champion du monde, l’enseigne avec la même logique : posture, contrôle des hanches, puis la position dominante, sans précipitation (en anglais).
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Roger Gracie en MMA : un jiu-jitsu adapté, pas transformé
Roger Gracie a disputé dix combats de MMA professionnel entre 2006 et 2016, pour huit victoires et deux défaites, et a remporté le titre des mi-lourds du ONE Championship en 2016 contre Michal Pasternak avant de refermer ce chapitre. Son approche n’a jamais changé : amener au sol, contrôler, soumettre, avec en plus la gestion des frappes et du clinch contre la cage.
De Bodog au ONE Championship
En 2006, au sommet du jiu-jitsu, Roger rejoint la Team Black House, où s’entraînent Anderson Silva, Lyoto Machida et les frères Nogueira. Il débute au Bodog Fight et soumet le lutteur Ron Waterman par kimura. En 2010, au Strikeforce, il soumet Kevin Randleman, ancien champion de l’UFC et lutteur explosif, par étranglement bras-tête. En 2011, il perd aux points contre Muhammed « King Mo » Lawal, champion Strikeforce, puis, en 2013, il connaît une courte parenthèse à l’UFC conclue par une défaite contre Tim Kennedy.
Le dernier chapitre est le plus beau. En mai 2016, il affronte Michal Pasternak pour le titre des mi-lourds du ONE Championship et le soumet par étranglement arrière au premier round, après un body lock parfaitement exécuté. Roger devient champion de MMA et arrête la cage sur ce titre. Sa parenthèse MMA prouve que le jiu-jitsu classique, sans fioritures, reste redoutable s’il est exécuté à la perfection et adapté aux frappes.
Roger Gracie contre Buchecha : le duel final de 2017
Le 23 juillet 2017, au Gracie Pro organisé par Kyra Gracie à l’Arena Carioca 1 de Rio, Roger Gracie, 36 ans et retraité depuis 2010 en IBJJF, soumet Marcus « Buchecha » Almeida, 13 fois champion du monde, par étranglement au revers depuis la montée à 6:52. Il annonce sa retraite définitive dans la foulée. Le match répond à une question que tout le circuit se posait : la simplicité exécutée à la perfection peut-elle encore battre l’ère des enchaînements infinis ?
Metamoris 2012, le premier acte
Les deux hommes s’étaient déjà affrontés en 2012 à Los Angeles, au Metamoris 1, dans un format sans points de vingt minutes. Buchecha n’avait que 22 ans et deux ans de ceinture noire, mais déjà un palmarès impressionnant. Il devient ce jour-là le premier à réussir un takedown sur Roger, qui lui rend la pareille d’un balayage. Nul après vingt minutes, chacun ayant résisté aux attaques de l’autre. L’idée d’une rivalité générationnelle était née : la jeunesse explosive de Buchecha face à la maîtrise glaciale de Roger.

Rio 2017, le dernier mot
Cinq ans plus tard, la salle bourdonne mais reste respectueuse. Les premiers grips sont une bataille de centimètres : un col, une manche, un pas en avant. Buchecha tente de noyer Roger sous le rythme. Roger, lui, ne bouge presque pas : il déplace la pression, et chaque micro-ajustement grignote l’espace. Puis la séquence signature se déroule, neutraliser, passer, stabiliser, monter. Il ouvre le revers. Le public comprend avant la main de l’arbitre : la pression descend du sternum jusqu’au col, le souffle se raccourcit, la défense s’effrite. Buchecha tape.

Quelques instants plus tard, Roger prend le micro, remercie, sourit à peine et annonce sa retraite. Sans mise en scène. Le symbole est fort : il quitte la compétition au sommet, sur la finition la plus classique du kimono, face au champion le plus titré de la génération suivante. Les images font des millions de vues et relancent dans tous les clubs le même débat : les fondamentaux poussés à la perfection contre l’innovation permanente. Ce soir-là, la réponse était claire.
Quel héritage Roger Gracie laisse-t-il au jiu-jitsu ?
L’héritage de Roger Gracie dépasse ses dix titres : il a prouvé qu’un jiu-jitsu réduit à ses fondamentaux pouvait dominer le plus haut niveau pendant sept ans, il a fait de Londres un centre majeur du grappling européen avec la Roger Gracie Academy et ses affiliés dans le monde entier, et il reste la référence que citent les pédagogues du « pourquoi avant le comment ». Dans le débat du meilleur de tous les temps en kimono, son nom revient avec celui de Marcelo Garcia, comme celui de Caio Terra revient chez les poids légers.
Un pionnier du jiu-jitsu européen
Quand Roger s’installe à Londres, le jiu-jitsu brésilien est confidentiel en Europe. Vingt ans plus tard, la Roger Gracie Academy de Ladbroke Grove est l’une des académies les plus connues du continent, avec un réseau d’écoles affiliées, et la capitale britannique est devenue un hub du grappling international. Son école ne forme pas que des compétiteurs : elle forme des professeurs et diffuse une pédagogie fondée sur la clarté des fondamentaux, la posture, la pression et la patience avant toute variation. Pour mesurer le chemin parcouru en Europe, voyez notre article sur l’explosion du jiu-jitsu brésilien en France.

Le modèle des champions actuels
Roger n’est pas nostalgique. Il reconnaît la valeur des positions modernes et de l’exploration technique, mais rappelle que sans structure, elles perdent leur efficacité contre une défense solide. C’est la leçon que retiennent les champions qui le citent : les bases, poussées à leur perfection, battent la créativité désordonnée. Georges St-Pierre, qui a roulé avec lui comme avec Gordon Ryan, le range parmi les meilleurs partenaires qu’il ait connus. Contrairement à d’autres figures du jiu-jitsu, Roger n’a jamais cherché la polémique : il laisse parler ses résultats et ceux de ses élèves.

FAQ : Roger Gracie
Combien de titres mondiaux Roger Gracie a-t-il gagnés ? Dix titres mondiaux IBJJF en ceinture noire, de 2004 à 2010 : sept chez les super-lourds (2004 à 2010) et trois en absolute (2007, 2009, 2010). Il a aussi été champion du monde en ceinture bleue (2000), violette (2001) et marron (2002), et double champion ADCC 2005.
Quel âge a Roger Gracie ? Roger Gracie est né le 26 septembre 1981 à Rio de Janeiro. Il a 45 ans en 2026. Il a reçu sa ceinture noire en 2004, à 22 ans, et disputé son dernier combat en juillet 2017, à 35 ans.
Roger Gracie a-t-il déjà été soumis en compétition ? Non. D’après l’historique de BJJ Heroes, ses sept défaites en ceinture noire ont toutes été concédées aux points ou aux avantages. Il a soumis 62 de ses 76 adversaires battus, soit 82 %, principalement par étranglement depuis le dos, étranglement croisé et clé de bras.
Roger Gracie a-t-il fait du MMA ? Oui, dix combats entre 2006 et 2016 pour un bilan de 8 victoires et 2 défaites. Il a battu Ron Waterman et Kevin Randleman par soumission, perdu contre King Mo Lawal et Tim Kennedy, puis remporté le titre des mi-lourds du ONE Championship en 2016 contre Michal Pasternak, avant d’arrêter.
Qui a gagné entre Roger Gracie et Buchecha ? Leur premier match, au Metamoris 1 en 2012, s’est terminé par un nul après vingt minutes. Le second, au Gracie Pro du 23 juillet 2017 à Rio, a été gagné par Roger Gracie par étranglement au revers depuis la montée à 6:52. Il a annoncé sa retraite juste après.
Que fait Roger Gracie aujourd’hui ? Retiré de la compétition depuis 2017, il dirige la Roger Gracie Academy à Londres, siège d’un réseau d’académies affiliées dans le monde, donne des séminaires et forme des professeurs. Son père Maurício Gomes et lui ont fait de Londres l’un des centres du jiu-jitsu européen.
Conclusion : l’empreinte de Roger Gracie
Dans un sport où les modes techniques changent vite, Roger Gracie restera l’incarnation d’une vérité intemporelle : les fondamentaux exécutés à la perfection sont indémodables. Sa carrière prouve qu’il n’est pas nécessaire de réinventer le jiu-jitsu à chaque combat pour dominer au plus haut niveau. Dix titres mondiaux, un ADCC parfait, un titre de MMA, et toujours la même séquence que ses adversaires pouvaient anticiper sans jamais la contrer.
Au-delà des chiffres, il a offert au jiu-jitsu une leçon que ses élèves continueront de méditer : la simplicité est l’ultime sophistication, à condition de la maîtriser mieux que quiconque. Pour d’autres carrières qui ont marqué le jiu-jitsu par leur méthode, parcourez notre rubrique Légendes et histoire du JJB.
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